retour des maldives
retour des maldives
Souvent, on me demande quel est le lieu que je préfère, parmi tous ceux que j’ai le privilège de visiter. S’il en est un que je ne finis jamais de découvrir, c’est bien les Maldives.
Cette fois-ci, le voyage était aussi l‘occasion de proposer un nouveau stage photo, dans un environnement où courants et eaux planctoniques (c’est ça l’abondance de vie marine!) posent des challenges réels au chasseur d’images. L’énergie positive et la motivation du groupe ont comme toujours fait des miracles et ce qui vraiment ne nous a jamais fait défaut non plus, ce sont les sujets, les scènes et les paysages propres à stimuler la créativité.
Avec un bateau et un équipage d’exception, une mer d’huile, des guides motivés et des cadeaux quotidiens en termes de rencontre et de lumières, cette croisière Abyss s’est effectivement révélée au-delà du réel. Sans jamais lésiner sur les miles parcourus, Sean, Thomas et Anju nous ont baladés à travers les atolls, immergés autant dans des paysages magnifiques que dans des plongées de rêve. Et toujours avec un tempo savant, laissant aussi le temps de profiter du bateau, du calme et de la beauté minimaliste des îles.
Pendant cette semaine, nous avons pour ainsi dire tout vu. Du micro-nudibranche au requin-baleine, en passant par les tortues et les bancs compacts dansant dans le bleu. Des jardins de coraux mous multicolores aux tables des platiers, en passant par les slaloms à travers des forêts de gorgone. Pour conclure en majesté, avec la Manta reine qui s’est fait désirer jusqu’à la toute dernière plongée, mais qui nous a alors fait son show, accompagnée de ses ballerines dans une eau étonnamment claire. Et dire qu’il y a encore des plongeurs qui refusent de croire au mantra de la manta –ayez la foi, et elle viendra.
Les Maldives, donc, pour revenir à la question de départ, j’en reprends une dose n’importe quand. Parce qu’elles me rappellent aussi à mon enfance, à mes premières apnées en Grèce, dans un monde merveilleux, coloré et plein de poissons. Un monde devenu moins de 40 ans plus tard vidé, presque stérilisé. Parce qu’elles me rappellent à mon enfance, au glacier des Bossons qui s’étendait des deux côtés de la route lors de nos montées à Chamonix. Un glacier devenu, moins de 40 ans plus tard, quasi invisible depuis la même route.
Les Maldives, parce que sur le dhoni qui me ramenait à Malé, je demandais à Anju, merveilleux guide et photographe, pour combien de temps “ses” îles seraient là. Sur notre temps de vie, dit-il, elles raseront toujours la surface, mais le changement se fera déjà ressentir. Et l’idée, bien réelle, que ces îles n’existeront plus pour les générations à venir, impose déjà un nouvel état des choses. Un état d’urgence.
Les Maldives, alors, pas parce qu’elles imprimeraient un sentiment de déprime profonde face à l’état du monde. Mais bien plutôt parce qu’elles me confrontent à l’urgence de voir, de partager, de faire rêver avec les images et, peut-être, (d’avoir l’illusion?) de les aider ainsi à durer un peu plus longtemps.
Ça peut sonner un peu mélo, mais qu’il n’y ait pas de malentendu: la seule cause que je défends est celle du bonheur qui ne doit pas être perdu!
Quelques images de bonheur partagé sont ici.
mercredi, 9 décembre 2009